EVOFIA et PLAPIMA, 2 projets France 2030 pour la filière agroéquipements !

Face aux enjeux liés à la mutation de la filière agroéquipements et de la maintenance des matériels, deux projets ont été retenus pour 5 années en réponse à l’appel à manifestation d’intérêt « Compétences et métiers d’avenir » (AMI-CMA) qui s’inscrit lui-même dans le cadre de France 2030 : EVOFIA et PLAPIMA. Ils visent tous deux à préparer -aux compétences nécessaires pour répondre aux besoins des secteurs stratégiques et émergents de demain. Le premier a pour ambition de renforcer l’attractivité de la filière auprès du corps enseignant, alors que le second est destiné à l’ensemble des personnes qui gravitent dans les Agroéquipements, du constructeur aux distributeurs en passant par les enseignants et les élèves/apprenants.

Comment s’exerce la complémentarité de ces deux projets ?

Débuté au 1er septembre 2024, EVOFIA dans le cadre de son action finance trois formateurs itinérants, chargés de délivrer des formations sur tout le territoire national. Ils proposent un « catalogue de formation » à destination des enseignants du public comme du privé, de l’Éducation nationale, du Ministère de l’Agriculture et de la Souveraineté alimentaire (MASA), des Maisons Familiales Rurales (MFR) ou encore du Conseil National de l’Enseignement Agricole Privé (CNEAP).

Le fonctionnement de ce projet repose sur un partenariat avec des établissements scolaires, mais aussi avec les centres de formation des constructeurs participants qui constituent des points de chute et permettront aux itinérants de dispenser des stages techniques en utilisant les ressources présentes sur place. Le cas échéant, les constructeurs compléteront les besoins en livrant du matériel récent et adéquat.

Lancée en juin 2025, la plateforme PLAPIMA est, à ce jour, destinée à faciliter l’inscription à ces sessions de formation. Progressivement, elle s’étoffera de contenus et de ressources pédagogiques (manuels, supports de cours, simulateurs, modules immersifs, LMS…) en phase avec l’évolution des métiers. Derrière cette vitrine dynamique, la synergie entre chercheurs, enseignants et industriels va faire naître des contenus conformes aux référentiels de compétences de la filière.

Demain, PLAPIMA s’érigera en centre de ressources incontournable pour tous les acteurs de l’agroéquipement.

Pourquoi est-il essentiel de former les formateurs ?

Au contact des enseignants de l’agroéquipement depuis plus d’un an et fort de 17 années d’enseignement en Agroéquipement et en maintenance Agricole, Adrien Tabakovic, un des trois formateurs itinérants du projet EVOFIA est quotidiennement témoin des difficultés rencontrées par le corps enseignant. En effet, plusieurs constats sont souvent évoqués :

  • Difficultés à obtenir des ressources techniques pertinentes, actuelles et exploitables pour réaliser des contenus de cours ;
  • Difficultés à se tenir informé des évolutions techniques qui ne cessent de croître de jour en jour ;
  • Absence de formations techniques permettant la formation des nouveaux enseignants et/ou la remise à jour des professeurs déjà dans le circuit ;
  • Difficulté à trouver des ouvrages, des supports, des manuels pédagogiques dédiés spécifiquement à la filière et non à l’automobile ou le poids lourds ;
  • Difficulté à trouver, voir créer de nouveaux supports pédagogiques à l’aide de la réalité virtuelle, augmentée par exemple.

EVOFIA doit pouvoir répondre à la demande urgente des enseignants en matière de formation, de besoins techniques, en créant ce lien entre les constructeurs et le monde de l’enseignement. Pour le reste, c’est PLAPIMA qui se chargera d’être le portail sur un univers dédié à l’agroéquipement ou chacun des acteurs de cette filière pourra partager, publier, échanger pour renforcer les savoirs et la pédagogie.

Aujourd’hui EVOFIA fonctionne, il plaît même aux enseignants qui ont déjà suivi des formations auprès des itinérants comme dans les ateliers pédagogiques des constructeurs. Le taux de satisfaction des sessions de formation avoisine les 90%, ce qui est un excellent marqueur pour l’intérêt d’un tel projet comme en témoignent les commentaires des enseignants :

« Après 22 ans d’enseignements dans la filière agroéquipements, c’est la première fois que je vois naître ce type de projets », souligne, avec enthousiasme, un enseignant !

« Formation de qualité, permettant à un formateur de progresser sur la partie compréhension des systèmes hydrauliques, par la lecture de schémas et câblages des composants, mais nécessitant des prérequis scientifiques afin d’appréhender la globalité du système »

Quels sont les atouts de ces sessions de formation ?

Au cours de sa première année d’itinérance, l’équipe EVOFIA a constaté que la majorité des enseignants rencontrés cherchaient une remise voire une mise à niveau de leurs compétences – notamment les jeunes qui débutent dans la filière. En effet, un jeune enseignant qui arrive en salle de cours n’a que très peu de support pour s’aider. En règle générale, il va se reposer sur l’échange avec ses collègues qui ont plus d’expérience, Internet ou encore ses propres cours s’il sort d’une école de mécanique agricole, sans quoi il n’a que très peu de ressource à sa disposition.

Avec une formation EVOFIA, ils profitent d’un moyen à la fois simple et rapide de maintenir à jour leurs connaissances techniques de manière à :

  • Utiliser au mieux le matériel agricole disponible sur les plateaux techniques et opérer aux réglages du matériel de manière optimisée en se conformant aux exigences des référentiels des diplômes
  • Organiser et gérer des séances de TP et TD en atelier avec du matériel récent et techniquement performant.

L’idée d’EVOFIA c’est de réaliser des stages de courte durée (2 à 3 jours maximum), mais plusieurs fois dans l’année, pour permettre aux enseignants de se former, et cela en limitant l’impact de son absence dans les emplois du temps des établissements. Aujourd’hui cette filière subit un réel manque d’enseignants techniques, et leur mise à disposition pour suivre les formations est un réel frein au développement de ce projet, tant bien même la formation apparait comme une nécessité.

À ce jour, 16 établissements scolaires privés ou publics (ou « points de chute ») ont souhaité participer activement à cette aventure. Toutefois, comme chacun dispose d’équipements totalement différents : il a fallu les recenser minutieusement pour dispenser la partie pratique des formations. Mais dans les faits, aucune demande d’enseignants n’a exigé d’être formé sur un constructeur précis, l’intérêt étant d’avoir accès à l’information et/ou à une technologie nouvelle.

Notez que le projet dispose d’un contrat de partenariat avec plusieurs constructeurs – ce qui lui permet, au besoin, de rapatrier du matériel sur ces points de chute. Les professeurs itinérants utilisent même ces précieux contacts pour obtenir des réseaux de concessionnaires et de constructeurs, des composants défaillants à étudier en stage, ou des supports de dernière génération comme des moteurs thermiques, ou des transmissions à mettre à disposition pour les établissements scolaires.

Aujourd’hui, le savoir-faire des trois professeurs itinérants du projet EVOFIA, formé aux nouvelles technologies et aux nouveaux produits, constitue la première ressource de PLAPIMA.